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Hexagone

👤 Nicola Sirkis 🎼 La Bande à Renaud ⏱️ 4:55
🎵 3845 characters
⏱️ 4:55 duration
🆔 ID: 10932221

📜 Lyrics

Ils s'embrassent au mois de Janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y a qu'le décor qui évolue,
la mentalité est la même:
tous des tocards, tous des faux culs

Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne,
la France est un pays de flics,
à tous les coins d'rue y'en a 100,
pour faire règner l'ordre public
ils assassinent impunément

Quand on exécute au mois d'mars,
de l'autre côté des Pyrénées,
un arnachiste du Pays basque,
pour lui apprendre à s'révolter,
ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient que la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore

Etre né sous le signe de l'hexagone,
c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j'parierai pas qu'il est all'mand

On leur a dit, au mois d'avril,
à la télé, dans les journaux,
de pas se découvrir d'un fil,
que le printemps c'était pour bientôt,
les vieux principes du seizième siècle,
et les vieilles traditions débiles,
ils les appliquent tous à la lettre,
y me font pitié ces imbéciles

Ils se souviennent, au mois de mai,
d'un sang qui coula rouge et noir,
d'une révolution manquée
qui faillit renverser l'Histoire,
je me souviens surtout d'ces moutons,
effrayés par la Liberté,
s'en allant voter par millions
pour l'ordre et la sécurité

Ils commémorent au mois de juin
un débarquement d'Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain
qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
ils oublient qu'à l'abri des bombes,
les Francais criaient "Vive Pétain",
qu'ils étaient bien planqués à Londres,
qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin

Etre né sous le signe de l'hexagone,
c'est pas la gloire, en vérité,
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu'il est portugais

Ils font la fête au mois d'juillet,
en souv'nir d'une révolution,
qui n'a jamais éliminé
la misère et l'exploitation,
ils s'abreuvent de bals populaires,
d'feux d'artifice et de flonflons,
ils pensent oublier dans la bière
qu'ils sont gourvernés comme des pions

Au mois d'août c'est la liberté,
après une longue année d'usine,
ils crient: "Vive les congés payés",
ils oublient un peu la machine,
en Espagne, en Grèce ou en France,
ils vont polluer toutes les plages,
et par leur unique présence,
abîmer tous les paysages.

Lorsqu'en septembre on assassine
un peuple et une liberté,
au cœur de l'Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c'est la gangrène
à Santiago comme à Paris

Etre né sous le signe de l'hexagone
c'est vraiment pas une sinécure
et le roi des cons, sur son trône
il est français, ça j'en suis sûr

Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux"
ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l'étranger,
leur pinard et leur camembert
c'est leur seule gloire à ces tarés

En Novembre, au salon d'l'auto,
ils vont admirer par milliers
l'dernier modèle de chez Peugeot,
qu'ils pourront jamais se payer,
la bagnole, la télé, le tiercé,
c'est l'opium du peuple de France,
lui supprimer c'est le tuer,
c'est une drogue à accoutumance

En décembre c'est l'apothéose,
la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y a d'la joie dans les ghettos,
la Terre peut s'arrêter d'tourner,
ils rat'ront pas leur réveillon;
moi j'voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons

Etre né sous le signe de l'hexagone,
on peut pas dire que ca soit bandant
si l'roi des cons perdait son trône,
y aurait 50 millions de prétendants

⏱️ Synced Lyrics

[00:08.08] Ils s'embrassent au mois de Janvier,
[00:09.67] car une nouvelle année commence,
[00:11.35] mais depuis des éternités
[00:13.29] l'a pas tell'ment changé la France.
[00:17.04] Passent les jours et les semaines,
[00:18.87] y a qu'le décor qui évolue,
[00:20.66] la mentalité est la même:
[00:22.15] tous des tocards, tous des faux culs
[00:26.03] Ils sont pas lourds, en février,
[00:27.85] à se souvenir de Charonne,
[00:30.14] des matraqueurs assermentés
[00:31.50] qui fignolèrent leur besogne,
[00:35.26] la France est un pays de flics,
[00:37.27] à tous les coins d'rue y'en a 100,
[00:39.01] pour faire règner l'ordre public
[00:40.78] ils assassinent impunément
[00:44.25] Quand on exécute au mois d'mars,
[00:46.21] de l'autre côté des Pyrénées,
[00:47.73] un arnachiste du Pays basque,
[00:49.71] pour lui apprendre à s'révolter,
[00:53.17] ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
[00:54.49] de cette immonde mise à mort,
[00:56.79] mais ils oublient que la guillotine
[00:58.59] chez nous aussi fonctionne encore
[01:02.02] Etre né sous le signe de l'hexagone,
[01:05.73] c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
[01:09.58] et le roi des cons, sur son trône,
[01:13.35] j'parierai pas qu'il est all'mand
[01:16.45] On leur a dit, au mois d'avril,
[01:18.50] à la télé, dans les journaux,
[01:20.29] de pas se découvrir d'un fil,
[01:22.02] que le printemps c'était pour bientôt,
[01:25.48] les vieux principes du seizième siècle,
[01:27.35] et les vieilles traditions débiles,
[01:29.32] ils les appliquent tous à la lettre,
[01:31.31] y me font pitié ces imbéciles
[01:34.42] Ils se souviennent, au mois de mai,
[01:36.69] d'un sang qui coula rouge et noir,
[01:38.37] d'une révolution manquée
[01:40.35] qui faillit renverser l'Histoire,
[01:44.04] je me souviens surtout d'ces moutons,
[01:45.81] effrayés par la Liberté,
[01:47.65] s'en allant voter par millions
[01:49.30] pour l'ordre et la sécurité
[01:52.68] Ils commémorent au mois de juin
[01:54.26] un débarquement d'Normandie,
[01:56.88] ils pensent au brave soldat ricain
[01:58.34] qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
[02:01.78] ils oublient qu'à l'abri des bombes,
[02:03.62] les Francais criaient "Vive Pétain",
[02:05.75] qu'ils étaient bien planqués à Londres,
[02:07.56] qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin
[02:10.51] Etre né sous le signe de l'hexagone,
[02:14.15] c'est pas la gloire, en vérité,
[02:17.65] et le roi des cons, sur son trône,
[02:21.44] me dites pas qu'il est portugais
[02:24.88] Ils font la fête au mois d'juillet,
[02:26.14] en souv'nir d'une révolution,
[02:28.89] qui n'a jamais éliminé
[02:30.52] la misère et l'exploitation,
[02:34.95] ils s'abreuvent de bals populaires,
[02:36.19] d'feux d'artifice et de flonflons,
[02:37.85] ils pensent oublier dans la bière
[02:39.53] qu'ils sont gourvernés comme des pions
[02:43.73] Au mois d'août c'est la liberté,
[02:45.38] après une longue année d'usine,
[02:47.15] ils crient: "Vive les congés payés",
[02:49.05] ils oublient un peu la machine,
[02:52.07] en Espagne, en Grèce ou en France,
[02:54.32] ils vont polluer toutes les plages,
[02:56.41] et par leur unique présence,
[02:58.01] abîmer tous les paysages.
[03:02.24] Lorsqu'en septembre on assassine
[03:03.76] un peuple et une liberté,
[03:05.32] au cœur de l'Amérique latine,
[03:06.92] ils sont pas nombreux à gueuler,
[03:10.03] un ambassadeur se ramène,
[03:12.31] bras ouverts il est accueilli,
[03:13.97] le fascisme c'est la gangrène
[03:15.72] à Santiago comme à Paris
[03:19.23] Etre né sous le signe de l'hexagone
[03:22.83] c'est vraiment pas une sinécure
[03:26.38] et le roi des cons, sur son trône
[03:29.95] il est français, ça j'en suis sûr
[03:33.59] Finies les vendanges en octobre,
[03:35.54] le raisin fermente en tonneaux,
[03:37.59] ils sont très fiers de leurs vignobles,
[03:39.67] leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux"
[03:42.78] ils exportent le sang de la terre
[03:44.68] un peu partout à l'étranger,
[03:46.10] leur pinard et leur camembert
[03:47.93] c'est leur seule gloire à ces tarés
[03:50.77] En Novembre, au salon d'l'auto,
[03:53.26] ils vont admirer par milliers
[03:55.26] l'dernier modèle de chez Peugeot,
[03:56.81] qu'ils pourront jamais se payer,
[04:00.94] la bagnole, la télé, le tiercé,
[04:02.92] c'est l'opium du peuple de France,
[04:04.67] lui supprimer c'est le tuer,
[04:06.41] c'est une drogue à accoutumance
[04:09.15] En décembre c'est l'apothéose,
[04:11.88] la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
[04:13.73] ils sont toujours aussi moroses,
[04:15.59] mais y a d'la joie dans les ghettos,
[04:18.55] la Terre peut s'arrêter d'tourner,
[04:20.86] ils rat'ront pas leur réveillon;
[04:24.01] moi j'voudrais tous les voir crever,
[04:25.08] étouffés de dinde aux marrons
[04:27.87] Etre né sous le signe de l'hexagone,
[04:31.69] on peut pas dire que ca soit bandant
[04:34.91] si l'roi des cons perdait son trône,
[04:38.01] y aurait 50 millions de prétendants
[04:42.92]

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