La chevelure
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📜 Lyrics
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure
Ô boucles, ô parfum chargé de nonchaloir
Extase, pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir
La langoureuse Asie et la brûlante Afrique
Tout un monde lointain, absent, presque défunt
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique
Comme d'autres esprits voguent sur la musique
Le mien, ô mon amour, nage sur ton parfum
J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts
Un port retentissant où mon âme peut boire
À grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse
Infinis bercements du loisir embaumé
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron
Longtemps, toujours, ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?
Ô boucles, ô parfum chargé de nonchaloir
Extase, pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir
La langoureuse Asie et la brûlante Afrique
Tout un monde lointain, absent, presque défunt
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique
Comme d'autres esprits voguent sur la musique
Le mien, ô mon amour, nage sur ton parfum
J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts
Un port retentissant où mon âme peut boire
À grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse
Infinis bercements du loisir embaumé
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron
Longtemps, toujours, ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?