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La Mémoire et la Mer

👤 Léo Ferré 🎼 Léo Ferré, avec le temps... Volume 6: Poète, vos papiers ! 1969-1970 ⏱️ 5:26
🎵 2455 characters
⏱️ 5:26 duration
🆔 ID: 16734152

📜 Lyrics

La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts du sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans Les draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux des granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Dans cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle

⏱️ Synced Lyrics

[00:06.22] La marée, je l'ai dans le cœur
[00:09.30] Qui me remonte comme un signe
[00:12.24] Je meurs de ma petite sœur
[00:15.16] De mon enfant et de mon cygne
[00:17.90] Un bateau, ça dépend comment
[00:20.72] On l'arrime au port de justesse
[00:23.62] Il pleure de mon firmament
[00:26.45] Des années lumières et j'en laisse
[00:29.32] Je suis le fantôme jersey
[00:32.17] Celui qui vient les soirs de frime
[00:35.50] Te lancer la brume en baiser
[00:38.30] Et te ramasser dans ses rimes
[00:41.56] Comme le trémail de juillet
[00:43.98] Où luisait le loup solitaire
[00:47.09] Celui que je voyais briller
[00:55.65] Aux doigts du sable de la terre
[01:04.64] Rappelle-toi ce chien de mer
[01:07.94] Que nous libérions sur parole
[01:10.75] Et qui gueule dans le désert
[01:13.65] Des goémons de nécropole
[01:16.49] Je suis sûr que la vie est là
[01:19.64] Avec ses poumons de flanelle
[01:22.61] Quand il pleure de ces temps-là
[01:25.27] Le froid tout gris qui nous appelle
[01:29.03] Je me souviens des soirs là-bas
[01:31.62] Et des sprints gagnés sur l'écume
[01:34.55] Cette bave des chevaux ras
[01:37.17] Au ras des rocs qui se consument
[01:40.17] Ô l'ange des plaisirs perdus
[01:43.30] Ô rumeurs d'une autre habitude
[01:46.39] Mes désirs dès lors ne sont plus
[01:54.92] Qu'un chagrin de ma solitude
[02:04.32] Et le diable des soirs conquis
[02:07.49] Avec ses pâleurs de rescousse
[02:10.48] Et le squale des paradis
[02:13.01] Dans le milieu mouillé de mousse
[02:16.21] Reviens fille verte des fjords
[02:18.96] Reviens violon des violonades
[02:22.24] Dans le port fanfarent les cors
[02:25.26] Pour le retour des camarades
[02:27.73] Ô parfum rare des salants
[02:31.15] Dans le poivre feu des gerçures
[02:34.26] Quand j'allais, géométrisant
[02:36.98] Mon âme au creux de ta blessure
[02:40.38] Dans le désordre de ton cul
[02:43.17] Poissé dans Les draps d'aube fine
[02:46.17] Je voyais un vitrail de plus
[02:54.67] Et toi fille verte, mon spleen
[03:03.92] Les coquillages figurant
[03:06.92] Sous les sunlights cassés liquides
[03:10.36] Jouent de la castagnette tant
[03:13.25] Qu'on dirait l'Espagne livide
[03:16.38] Dieux des granits, ayez pitié
[03:19.35] De leur vocation de parure
[03:22.79] Quand le couteau vient s'immiscer
[03:25.53] Dans leur castagnette figure
[03:28.69] Et je voyais ce qu'on pressent
[03:31.53] Quand on pressent l'entrevoyure
[03:34.79] Entre les persiennes du sang
[03:37.95] Et que les globules figurent
[03:40.94] Une mathématique bleue
[03:43.87] Dans cette mer jamais étale
[03:47.17] D'où me remonte peu à peu
[03:56.25] Cette mémoire des étoiles
[04:05.26] Cette rumeur qui vient de là
[04:08.37] Sous l'arc copain où je m'aveugle
[04:11.45] Ces mains qui me font du fla-fla
[04:14.46] Ces mains ruminantes qui meuglent
[04:17.83] Cette rumeur me suit longtemps
[04:21.09] Comme un mendiant sous l'anathème
[04:24.23] Comme l'ombre qui perd son temps
[04:27.35] À dessiner mon théorème
[04:30.14] Et sous mon maquillage roux
[04:33.68] S'en vient battre comme une porte
[04:36.53] Cette rumeur qui va debout
[04:39.63] Dans la rue, aux musiques mortes
[04:42.85] C'est fini, la mer, c'est fini
[04:45.80] Sur la plage, le sable bêle
[04:49.28] Comme des moutons d'infini
[04:58.67] Quand la mer bergère m'appelle
[05:07.73]

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