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Les assis

👤 Léo Ferré 🎼 Léo Ferré Chante Verlaine Et Rimbaud ⏱️ 3:12
🎵 2157 characters
⏱️ 3:12 duration
🆔 ID: 9441889

📜 Lyrics

Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues vertes
Leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs

Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs de leurs chaises
Leurs pieds aux barreaux rachitiques
S'entrelacent pour les matins et pour les soirs

Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau
Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud

Et les Sièges leur ont des bontés
Culottée de brun, la paille cède aux angles de leurs reins
L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée
Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains

Et les sssis, genoux aux dents, verts pianistes
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour
S'écoutent clapoter des barcarolles tristes
Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour

Oh, ne les faites pas lever, c'est le naufrage
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés

Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors
Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l'œil au fond des corridors

Puis ils ont une main invisible qui tue
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l'œil souffrant de la chienne battue
Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir

Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales
Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever

Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés

Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules
Et leur membre s'agace à des barbes d'épis

⏱️ Synced Lyrics

[00:02.47] Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues vertes
[00:06.04] Leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs
[00:08.76] Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
[00:11.85] Comme les floraisons lépreuses des vieux murs
[00:16.74] Ils ont greffé dans des amours épileptiques
[00:20.10] Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs de leurs chaises
[00:23.96] Leurs pieds aux barreaux rachitiques
[00:26.31] S'entrelacent pour les matins et pour les soirs
[00:31.27] Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges
[00:34.43] Sentant les soleils vifs percaliser leur peau
[00:37.58] Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges
[00:40.81] Tremblant du tremblement douloureux du crapaud
[00:45.74] Et les Sièges leur ont des bontés
[00:48.12] Culottée de brun, la paille cède aux angles de leurs reins
[00:52.11] L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée
[00:55.46] Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains
[01:00.16] Et les sssis, genoux aux dents, verts pianistes
[01:03.45] Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour
[01:06.72] S'écoutent clapoter des barcarolles tristes
[01:10.07] Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour
[01:14.72] Oh, ne les faites pas lever, c'est le naufrage
[01:18.10] Ils surgissent, grondant comme des chats giflés
[01:21.34] Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage
[01:24.62] Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés
[01:29.17] Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves
[01:32.29] Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors
[01:35.60] Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves
[01:38.71] Qui vous accrochent l'œil au fond des corridors
[01:43.52] Puis ils ont une main invisible qui tue
[01:46.82] Au retour, leur regard filtre ce venin noir
[01:49.90] Qui charge l'œil souffrant de la chienne battue
[01:53.49] Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir
[01:58.46] Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales
[02:01.76] Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
[02:04.84] Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales
[02:07.81] Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever
[02:12.57] Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières
[02:15.91] Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés
[02:19.02] De vrais petits amours de chaises en lisière
[02:22.24] Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés
[02:26.95] Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule
[02:30.31] Les bercent, le long des calices accroupis
[02:33.35] Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules
[02:36.68] Et leur membre s'agace à des barbes d'épis
[02:41.63]

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